Couche géologique

L’estimation de la quantité de pétrole récupérable

 

Avant d’expliquer les techniques mises en jeu dans l’estimation de la quantité de pétrole récupérable, il est indispensable de définir le vocabulaire précis utilisé.

Il est important de faire la distinction entre les termes « réserves » et « ressources » : les ressources représentent la quantité totale de pétrole présente dans le sous-sol, alors que les réserves ne représentent que la part récupérable de ces ressources. Le rapport réserves sur ressources est appelé taux de récupération : c’est la part de pétrole que l’on réussit à extraire parmi tout le pétrole existant dans le champ. Etant donné que les réserves ne sont que la partie que l’on espère extraire du sous-sol, les chiffres sont donc soumis à des probabilités :

• On appelle « réserves prouvées » les réserves qui seront extraites avec plus de 95% de probabilités

• Les « réserves probables » sont les réserves qui seront extraites avec 50% de probabilités

• Enfin les « réserves possibles » sont les réserves qui n’ont que 5% de chances d’être extraites

 

Avant d’exploiter le gisement, une première approximation de la quantité de pétrole en place peut être réalisée à partir du volume de la roche-réservoir et des caractéristiques du gisement. Ces deux données permettent d’estimer la production maximale ainsi que le taux de récupération (avec prélèvements et études d’échantillons en laboratoire). Des tests de mise en production dans les premiers forages viennent compléter les connaissances, ainsi que l’expérience des ingénieurs acquise sur de précédents champs. Les tests permettent de connaître le comportement du gisement, notamment de sa pression, en fonction du débit.

On pourrait croire qu’avec toutes ces technologies de pointe, les incertitudes sur les caractéristiques du champ et sur le volume récupérable sont faibles. Rien n’est moins vrai ! Il ne faut pas oublier que le réservoir se trouve plusieurs milliers de mètres sous la surface. Evaluer les réserves d’un champ n’est donc pas chose aisée, cette estimation est d’ailleurs révisée tout au long de la période de production, affinée par une connaissance plus grande du réservoir. Mais de lourdes erreurs peuvent subsister : par exemple les réserves du champ de Yibal en Oman ont été estimées à 2370 millions de barils lors de sa découverte, alors qu’elles ne seront finalement que de 1750 millions de barils. De plus des caractéristiques nouvelles du champ peuvent encore être découvertes lors de l’exploitation, comme la présence d’une faille par exemple, qui modifiera de façon sensible les prévisions.

La comparaison d’Olivier Appert, président de l' Institut Français du Pétrole, résume bien la situation: " Evaluer les réserves d'un champ de pétrole, c'est comme essayer de deviner le stock d'un entrepôt en regardant par le trou de la serrure. "

Il faut enfin noter que toutes ces opérations prennent beaucoup de temps : le champ de Dalia en Angola par exemple a été découvert en 1997, et la production débutera courant été 2006…

 

Suite de la visite : la production de pétrole