Le marché unique garantit la libre circulation des marchandises, des services et des personnes à l’intérieur des 28 états membres de l’UE, à travers l’article 3 et les articles 45 à 66 du Traité de Rome. Dans le cadre d’une scission entre le Royaume-Uni et l’UE, la première ministre britannique, Theresa May, a annoncé la sortie du Royaume Uni de ce marché unique européen. En effet, la crise des migrants et le départ de nombre d’entre eux vers le Royaume-Uni [1] a été un argument déterminant de la sortie de l’UE [2] et précipite la sortie du marché commun : y rester serait en parfait désaccord avec la volonté de maîtriser les migrations tant de migrants que de travailleurs ou de touristes. Cependant, la sortie du marché unique va rendre caducs les traités commerciaux qui liaient la Grande-Bretagne à l’UE. Il faut donc créer de nouveaux liens avec les pays membres de l’UE en matière de circulation des biens et des services :

Que va-t-il advenir des traités commerciaux qui lient les pays européens à la Grande Bretagne?

Le sujet est d’autant plus important que, selon les estimations produites par HM Revenue & Customs (confer diagramme ci-dessous), les principaux partenaires commerciaux du Royaume-Uni sont des pays Européens. En effet, entre janvier et novembre 2016,  la Grande-Bretagne a importé plus de 176 milliards de livres et vendu plus de 108  milliards de livres de biens et services issus de pays européens au sein du marché unique. Selon cette même étude, le Royaume-Uni réaliserait 45% de ses exportations dans l’UE: il est important de prendre en compte ces données lors de l’élaboration des futurs traités.

 

Peter Foster (Europe Editor) and James Kirkup, « What will Brexit mean for British trade? »,   The Telegraph, 24/02/2017

 

Selon Ana Boata, économiste chez Euler Hermes, l’incertitude engendrée par la sortie du marché unique peut désorganiser les marchés :

« Il y a un impact du Brexit sur les exportations des entreprises anglaises, qui vient du fait que le Royaume-Uni va sortir du marché unique : pour l’instant, les entreprises anglaises bénéficient de l’accord de libre-échange avec l’UE, mais le jour où la Grande-Bretagne sort, il devient caduc ! Beaucoup de marchés vont en pâtir, à cause de la hausse des taxes  

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Les acteurs économiques anticipent déjà, mais quels sont les scénarios possibles ?

Toujours selon Ana Boata, deux options principales se présentent. La première possibilité pour le Royaume-Uni est de négocier des traités de libre-échange avec certains états partenaires, et la seconde est d’adopter le régime douanier de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Option N°1 : Le Royaume Uni parvient à négocier de nouveaux accords commerciaux bilatéraux avec certains états membres de l’UE

La première ministre britannique avait annoncé que, dans le cadre du Brexit, elle souhaiterait renégocier de nouveaux accords commerciaux et douaniers avec l’UE. Pour quantifier les projections et les coûts dans ce cadre, il est possible de s’appuyer sur trois modèles déjà existants.

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Option N°2 : Le Royaume-Uni adopte le régime de l’Organisation Mondiale du Commerce

Si le Royaume-Uni se doit finalement d’appliquer les règles de l’OMC, faute d’avoir conclu des accords avec les pays membres, de nombreux produits britanniques devraient s’acquitter de tarifs douaniers plus élevés.

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[1] Alan Travis, « Number of EU migrants working in UK rises to record level »,  The Guardian, 18/05/2016

Vincent Collen, « L’immigration record au Royaume-Uni attise le débat sur l’Europe »,  Les Echos, 27/08/2015

[2] liarpoliticians2, « Nigel Farage speech on immigration and Brexit », Youtube,  29/04/2016,  https://www.youtube.com/watch?v=sZLJ8gFtCnE

Florentin Collomp, « Brexit : Cinq raisons pour lesquelles les britanniques veulent nous quitter», Le Figaro, 18/02/2016

 

La négociation Theresa May / Task Force            Impact sur les ménages, les entreprises et les universités ⇒