Durée et intensité de la prise en charge

D’après Franck Ramus[d], l’intervention est possible dès la maternelle. Les compétences orales étant indispensables à la lecture, faire travailler les enfants dès le plus jeune âge sur leur vocabulaire, sur les concepts phonologiques et sur l’apprentissage des lettres est indispensable et aidera plus tard les futurs dyslexiques.

Avant même que la dyslexie soit reconnue comme un handicap en 2005, l’Éducation Nationale considérait déjà que les troubles de l’apprentissage nécessitaient une prise en charge continue et de longue durée

« Les enfants porteurs de tels troubles nécessitent en effet une prise en charge précoce et durable, parfois tout au long de leur scolarité. »[4]

Il ne faut pas oublier que les « dys-maladies » sont des maladies durables que l’on garde toute une vie. On peut cependant en atténuer les effets grâce à un travail intensif et régulier.

« Au mieux, on peut aider l’enfant à contourner son déficit, mais on ne le guérit pas. De plus les succès varient selon les enfants. »[15]

 

La difficulté de concilier rééducation et vie quotidienne

 

Proposer une méthode intensive peut fonctionner. Cependant, intensive signifie au moins une heure par jour, et non une heure par semaine, comme c’est actuellement proposé par les professionnels de la santé. Malheureusement, même si plus de temps était proposé aux familles, elles seraient rapidement confrontées aux problèmes liés au transport, à la logistique et au coût d’une telle régularité. D’après Mme Butikofer[b], la fréquence des rendez-vous est souvent trop faible par manque de place ou à cause des horaires difficiles à concilier avec le temps scolaire et le travail des parents.

Il s’agirait pourtant d’une solution idéale : faire travailler l’élève dyslexique de manière intensive pendant une période même courte permet une nette amélioration. D’après Franck Ramus[d], une étude a montré que cinq enfants sur six suivant un apprentissage spécifique intensif en retirent une amélioration à la fois nette et durable. Dans cette étude, cet apprentissage s’étalait sur trois mois et était suivi de tests des compétences réguliers pendant deux ans.

Pour Mme Schlumberger[c], on peut comparer la prise en charge des enfants dyslexiques à un encadrement militaire : dans le cas idéal, ils vont chez l’orthophoniste cinq fois par semaine et on ne peut le leur reprocher si parfois ils ont du mal à persévérer dans ce rythme très soutenu.

 

Un problème au long cours

 

Lorsque l’on parle de dyslexie, il est primordial de se souvenir que c’est un problème qui dure une vie. D’après Mme Butikofer[b], peu importe la durée et l’intensité de la prise en charge, les difficultés dans l’enfance ne s’effaceront pas entièrement et auront des conséquences psychologiques sur l’adulte. Même si aujourd’hui les nouvelles technologies (correcteur orthographique, reconnaissance vocale) peuvent aider, il reste de nombreuses difficultés pour les dyslexiques : l’apprentissage d’une langue étrangère par exemple.

Il est donc important d’informer le monde du travail pour éviter certains problèmes comme le rejet immédiat d’une candidature, d’un CV, à cause de fautes d’orthographe. Ce travail de sensibilisation est actuellement entrepris par la FfDys* (Fédération française des Dys).

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