Quelles sont les hypothèses critiquées ?

Pour respecter le cadre d’utilisation d’un modèle en physique comme en finance, les utilisateurs doivent être familiers des hypothèses sur lesquelles le modèle repose.

On peut repérer des hypothèses qui ne sont pas respectées par les modèles mathématiques. [IDI]

Selon le mathématicien Benoît Mandelbrot, l’ingénierie financière se trompe potentiellement puisqu’elle utilise en majorité les travaux de Bachelier (1900) qui reposent sur trois hypothèses, que nous avons tenté de confronter à leurs critiques  :

  • la loi des grands nombres : si la taille de l’échantillon / le nombre d’observations est assez grand, on respecte la loi statistique et les fluctuations aléatoires deviennent aléatoires.
La loi des grands nombres : chaque point représente la proportion d'issues « pile » pour une série de n tirages à pile ou face (où n est porté en abscisse). Cette proportion est d'autant plus proche de 50% que le nombre de tirages est grand.Crédits : S Tummarello.
Tirages pile ou face. En abscisse le nombre de tirages, en ordonnée la répartition en pourcentage pile/ face. Plus le nombre de tirages augmente, plus on se rapproche du modèle 50/50. Crédits : S Tummarello.

 

  • le théorème central dit gaussien : avec un grand nombre d’observations, une variable aléatoire (comme le prix d’un actif) peut être modélisé par une gaussienne.

Probabilités de gain constatées pour 1000 séries de 200 tirages : en rouge la densité de probabilité limite, la célèbre gaussienne.Crédits : S. Tummarello
Probabilités de gain constatées pour 1000 séries de 200 tirages : en rouge la densité de probabilité limite, la célèbre gaussienne. Crédits : S Tummarello.

  • Approche de Benoît Mandelbrot

Nous tenterons de répondre à ces questions dans la suite de l’exposé. Mais tout d’abord, si certaines hypothèses fondatrices des modèles sont fausses, la réalité qu’ils décrivent est-elle vraiment la bonne ?