La méthode des taux comparatifs / de la structure type

Par exemple, supposons que notre statisticien cherche à mesurer l’impact de la libération conditionnelle sur le taux de récidive.

Cette méthode a été développée par P.-V. Tournier. Les chiffres qui suivent sont ceux de l’enquête KENSEY, TOURNIER (1991), portant sur des condamnés à une peine de 3 ans ou plus libérés en 1982. Ils indiquent le taux de nouvelles affaires sanctionnées par une peine privative de liberté ferme, inscrite au casier judiciaire dans un délai de 4 ans après la libération (taux de retour)

On commence par comparer le taux de retour pour les condamnés ayant bénéficié d’une libération conditionnelle et celles qui sont sorties en fin de peine.
Ensemble de la cohorte : 34 %
Liberté conditionnelle : 23 %
Sortie en fin de peine : 40 %

Ces chiffres semblent indiquer que la liberté conditionnelle est efficace pour lutter contre la récidive, puisqu’elle diminue le risque de récidive.
Toutefois, l’écart de 17 points observé est à modérer. En effet, cet écart « peut aussi s’expliquer par des différences de structures des deux sous-cohortes, résultat des modes de sélection de la part des autorités qui [préfèrent] accorder la LC à un détenu pour lequel le pronostic en matière de récidive semble favorable. » (P.-V. Tournier)

Tournier a observé que « trois variables avaient un effet particulièrement discriminant sur l’octroi de la liberté conditionnelle comme sur la fréquence du retour en prison : l’âge à la libération, la nature de l’infraction initiale et le passé judiciaire. »

Il a donc mis au point une méthode pour se débarrasser du biais induit par la différence de structure des groupes. Cette méthode lui vient de sa formation de démographe ; elle est utilisée par exemple pour comparer des taux de mortalité en s’affranchissant de la différence de pyramide des âges, afin que le taux obtenu rende mieux compte du risque de mortalité.
Détail : (source : UNE CERTAINE IDÉE DE LA CRIMINOLOGIE Approche indisciplinaire du processus pénal, P.-V. Tournier)

Le détail de la méthode est ci-dessous. Elle permet d’envisager quel serait le taux si les groupes avaient la même structure qu’un groupe de référence.

tab 4 Audrey

 

Les peines alternativesLes utilisations des chiffres

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