Démocratisation ou mort du système éducatif ?

MOOCs, francophonie et éducation

Geneviève Fioraso, qui a fortement impulsé le lancement des MOOCs en France, notamment avec la création de la plateforme FUN (France Université Numérique), considère qu’il est important de se rendre compte que le développement des MOOCs tendra, à termes, à redéfinir la carte universitaire internationale. Néanmoins, selon elle et selon d’autres personnalités politiques comme Fabienne Keller, la France a son rôle à jouer, doit s’affirmer. Mais la diffusion en ligne promeut-elle réellement la francophonie ?

En effet, grâce au graphique suivant, on peut se rendre compte de la répartition des MOOCs sur la planète, relativement à la langue, sur l’année 2012.

 

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Langues les plus utilisées dans les articles du corpus scientifique (Scientométrie)

 

Le résultat est clair : la langue la plus utilisée et la plus retrouvée dans les publications, la presse, les cours en ligne eux-mêmes, etc. est l’anglais, ce qui participe notamment à l’hégémonie américaine en la matière. La langue française ne figure même pas parmi les plus fréquentes. Toutefois, on peut supposer que ce retard est dû au fait que la France s’est investie tardivement dans les MOOCs, retard qui pourra sûrement être rattrapé dans les années à venir.

Par ailleurs, cette volonté affichée de défendre la langue française s’associe à celle s’inscrit dans une démarche plus globale visant à contrecarrer la suprématie des universités américaines dans les BRICS ou même dans les pays plus développés. Il faut s’élever contre le risque d’uniformité qui serait l’autre revers de la médaille quant à la diffusion massive de cours uniques à travers le monde. Les acteurs sont partagés mais l’on retrouve toujours le potentiel démocratisant opposé à la volonté de conserver les spécificités nationales. Cette dernière position est défendue par des individus pour qui il est acquis que tous les pays reposent sur des systèmes différents et il serait alors inenvisageable voire impossible de délivrer un seul et unique enseignement, tant les différences intra et inter culturelles sont importantes.

 

Pour conclure, nous pouvons donc dire que la dimension des MOOCs associée au marketing est non négligeable, mais comme pour tout phénomène en vogue. Les MOOCs présentent de nombreux enjeux qui méritent de se lancer dans “l’aventure”, parmi lesquels figurent la visibilité, la notoriété et la promotion de la francophonie. Mais derrière ces raisons affichées résident bien évidemment des logiques et des stratégies bien plus complexes.