Les plantations favorisent le développement local

Alliance Française pour une Huile de Palme Durable*.

 

Lien externe vers une vidéo du MPOC* (Malaysian Palm Oil Council).

 

Emplois

La récolte des noix n’étant pas mécanisée à l’heure actuelle, elle nécessite une importante main-d’œuvre, qui est essentiellement recrutée parmi les populations locales. [1] L’implantation d’une compagnie fournit donc un réservoir d’emplois pour la région concernée.

Ainsi, selon le site développé par le Malaysian Palm Oil Council (MPOC), theoilpalm.org, l’industrie du palmier à huile emploie directement 600.000 personnes en Malaisie pour la production [2]. Il faut ensuite ajouter les professions liées, notamment dans le domaine de la recherche. En Indonésie, on recense ainsi 25 millions de personnes vivant directement ou indirectement du palmier à huile, notent les agronomes A. Rival* et P. Levang*. [3]

En savoir plus sur l’origine des travailleurs.

 

Niveau de vie

Comme les compagnies ont essentiellement recours à une main-d’œuvre locale [4], le niveau de vie est augmenté. Dans leur livre, les agronomes A. Rival et P. Levang témoignent du développement d’infrastructures ainsi que du niveau de vie, les deux allant de pair : « Dans les villages déjà  »touchés » par le palmier depuis quelques années, le visiteur était frappé par la proportion élevée de maisons en dur aux vitres teintées, aux colonnades et chapiteaux corinthiens en béton, par le nombre de motocyclettes et de voitures, et par les nombreuses boutiques de téléphone portable. » [2]. La sociologue S. Barral, avec laquelle nous avons discuté (voir la retranscription de notre entretien), confirme que le palmier a été vecteur de grands changements en Indonésie : l’économie était, avant sa venue, très peu moderne, et certaines personnes s’habillaient encore d’écorces il y a une vingtaine d’années.

Ayant bénéficié de cet apport d’argent, ceux qui le souhaitent peuvent devenir indépendants, comme le montre la compagnie Sime Darby : « The [Outgrowers] Scheme supports smallholders to become independent plantation growers by providing local communities with stable incomes and raising standards of living. » (le plan « Outgrowers » aide les petits producteurs à devenir des agriculteurs indépendants en donnant aux communautés indigènes des salaires stables, et en augmentant le niveau de vie). [5]

Le WWF* rappelle également que les avantages agronomiques de la plante la rendent viable pour les producteurs indépendants : « It [palm oil] creates rural employment and is a crop smallholder farmers can grow easily, often lifting people in rural regions out of poverty. » (L’huile de palme crée des emplois ruraux, et il s’agit d’une plante facile à cultiver pour les petits producteurs, ce qui permet souvent de tirer les populations rurales de la pauvreté). [6]

Enfin, le Malaysian Palm Oil Council (MPOC) souligne que le niveau de vie moyen du pays est augmenté, car l’état touche des taxes sur les exportations. [2]

 

Infrastructures

La présence de l’industrie, via les plantations de palmiers, a des conséquences favorables pour l’économie locale. Les compagnies développent en effet les infrastructures qui leur sont nécessaires pour le transport et le traitement des noix de palme. Le réseau routier en a, par exemple, été l’un des bénéficiaires. A propos de son futur projet en Afrique, Herakles Farms rapporte ainsi que la compagnie va travailler avec les populations indigènes pour les aider à améliorer leur accès à des infrastructures scolaires, à des centres de soin et des hôpitaux, à l’approvisionnement en eau ainsi qu’aux routes existantes (« it will work with communities to support them in upgrading their ability to access quality educational facilities, health centers and hospitals, water supply systems and existing roads ») [1].

Enfin, au cours de notre entretien, la sociologue S. Barral a insisté sur le fait que ces infrastructures ne sont toujours pas au seul bénéfice des salariés de la compagnie, ce qui améliore donc le niveau de vie tout autour de la plantation. Par exemple, une compagnie peut construire un lycée, dans lequel iront non seulement les enfants des ouvriers mais aussi les enfants des alentours. Investir une fraction des bénéfices de l’entreprise dans le développement local est une obligation légale en Indonésie. Toutefois la sociologue rappelle qu’il ne s’agit que « d’adoucir le capitalisme à la marge » et non pas de philanthropie : se plier à la loi permet aussi de s’attirer la sympathie des populations.

 

Education

Les compagnies telles que Herakles Farms lancent des programmes de formation pour aider les populations faiblement scolarisées à accéder à des postes plus élevés que simple manœuvre : « a scholarship scheme for project affected villages to study in state universities has been launched. The program provides an annual opportunity for 26 youths from the concession area to study in specialized fields and become eligible for management positions within the company. » (un plan d’accès à l’éducation pour les villages affectés par le projet a été lancé, consistant à les aider à étudier dans les universités d’état. Le programme donnera chaque année à 26 jeunes de la zone dans laquelle se trouve la concession l’opportunité d’étudier certains domaines spécialisés et ainsi de devenir éligibles pour des postes de management au sein de la compagnie) [1]. La compagnie Sime Darby déclare quant à elle sur son site promotionnel : « our Plantation Division collaborated with the Humana Child Aid Society Sabah, Malaysia to provide formal education for children of our migrant workers residing in our plantation estates. We have funded the construction and establishment of a number of Humana Learning Centres, enrolment of the children, the management of the teachers and school facilities. » (notre Division Plantation a collaboré avec Humana Child Aid Society Sabah de Malaisie pour donner l’accès à l’éducation aux enfants des travailleurs immigrés qui résident sur la zone de nos plantations. Nous avons financé la construction et la construction d’un certain nombre de centres d’apprentissages Humana, le recrutement des enfants, la supervision des professeurs et les infrastructures scolaires) [5].

 

En savoir plus sur les conditions de travail dans les plantations.

 

 

*Alliance Française pour une Huile de Palme Durable : organisme partenaire de la RSPO, promouvant l’amélioration de la filière vers le durable et apportant de l’information « objective » sur les qualités nutritionnelles de l’huile de palme aux consommateurs.

*MPOC – Malaysian Palm Oil Council : L’objectif de cette entreprise est d’améliorer l’image de l’huile de palme, en particulier malaisienne, en faisant la publicité de ses qualités.

*Alain Rival : Agronome, correspondant pour la filière « Palmier à huile » au sein du CIRAD (Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement).

*Patrice Levang : Agronome et économiste, directeur de recherche à l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement).

*WWF – World Wild Fund (Fonds mondial pour la nature) : ONG environnementaliste œuvrant pour la protection des espèces en danger, la préservation des ressources naturelles et des écosystèmes, ainsi que la promotion d’une transition énergétique respectueuse de l’environnement.

 

 

[1] HERAKLES FARMS, Herakles Farms Frequently Asked Questions (FAQs) within the Concession (2013)

[2] MPOC, theoilpalm.org, Economic Contribution

[3] RIVAL A. et LEVANG P., La Palme des Controverses – Palmier à huile et enjeux de développement (2013)

[4] HERAKLES FARMS, Herakles Farms Frequently Asked Questions (FAQs) within the Concession (2013)

[5] SIME DARBY, website

[6] WWF, Palm Oil Buyers Scorecard – Measuring the progress of palm oil buyers (2013)